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Tout en transparence, le restaurant de Jacques Decoret respecte la façade en briques de l’ancien chalet de style napoléonien, qui s’intègre harmonieusement dans l’armature de verre et de métal imaginée par l’architecte Jean-Michel Brouillat. Coté déco, la sobriété est de mise : plancher écru, petits fauteuils de cuir rouge, nappage minimaliste, musique en sourdine… Seule la présence d’un vieux piano tranche dans cet espace résolument contemporain, qui trouve un prolongement à l’intérieur proprement dit du chalet, dans la salle des petits-déjeuners.

Enfant, parce qu’il avait horreur du froid, Jacques Decoret préférait se réfugier dans la cuisine maternelle plutôt que de suivre son père sur ses chantiers de menuiserie. Les vocations ne tiennent parfois qu’à un fil, mais celui qui lie Jacques Decoret à la gastronomie n’a cessé de se renforcer, du lycée hôtelier de Cusset jusqu’aux fourneaux de Troisgros, Passard ou Marcon. En 1996, notre homme était même admis dans le cercle très restreint des Meilleurs Ouvriers de France, avant de s’installer à son propre compte, à Vichy, dans son Bourbonnais natal. En quelques années à peine, la renommée de Jacques Decoret n’a cessé d’enfler, beaucoup voyant en lui un des plus sûrs espoirs de la gastronomie française, un de ces très rares chefs qui expriment une vraie personnalité.

Attention ! On assimile souvent Jacques Decoret à la cuisine moléculaire, ce qui est un contresens. Car si le chef vichyssois utilise toutes les ressources techniques mises à sa disposition, il ne se laisse jamais déborder par sa fougue ou son imagination. Définitive dans ses cuissons et dans ses assaisonnements, d’une légèreté hors norme, sa cuisine est à la fois inventive et iconoclaste, virtuose et virevoltante, si bien qu’elle peut tout se permettre, y compris de bousculer le convive dans ses plus intimes convictions. « Peu importe le produit, on peut tout embellir par le travail », clame Jacques Decoret, qui n’hésite pas à mettre en avant des produits un peu oubliés, tel le maquereau, le pigeon ou les fruits confits. Ou encore à réinventer l’éternelle carotte vichy en dessert, le tout avec une fantaisie et un sens de la mise en scène qui n’appartiennent qu’aux plus grands.
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