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Musée de la céramique de Lezoux
Toucher, sentir et modeler


Capitale antique de la poterie sigillée, Lezoux s’est doté d’un lieu de mémoire à la hauteur son patrimoine archéologique. Installé dans une ancienne fabrique superbement réhabilitée, le Musée de la céramique propose une approche didactique et ludique de ce prestigieux passé.
Avec son installation dans l’ancienne fabrique Bompard, le Musée de la céramique de Lezoux a trouvé un cadre à la hauteur de ses collections. Pratiquement en ruine au moment de son rachat par le département, la fabrique Bompard se présente aujourd’hui comme un témoin du patrimoine industriel local du XIXe siècle, parfaitement restauré et enrichi d’une architecture contemporaine peu ostentatoire.
À l’intérieur, il suffit de regarder les enfants courir d’un pupitre à l’autre pour juger du caractère très familial du programme de visite. D’autant que les grands se prennent volontiers au jeu, pétrissant des argiles de diverses nature, cherchant à identifier des tessons ou décalquant soigneusement des décors de sigillée. Mais qu’est-ce donc qu’une céramique sigillée ? Il s’agit d’une céramique fine destinée au service à table, caractérisée par un vernis rouge grésé et des décors en relief, moulés, imprimés ou rapportés. Certaines pièces portent des estampilles, d’où ce nom moderne de sigillée, évoquant un sceau. Si l’on trouve ici les meilleurs exemples de sigillés, c’est que Lezoux en a été le principal centre de production, entre le Ier et le IVe siècle de notre ère, exportant massivement sa vaisselle à travers tout l’Empire romain.
Aujourd’hui, le vulgum pecus admire les pièces exposées et s’étonne de découvrir autant d’usages à la poterie, qu’elle serve à se parfumer, boire du vin, arroser les plantes, contenir de l’encre, ranger des bijoux, cuire des aliments, s’éclairer, donner le biberon, s’asseoir, et même se couvrir la tête. Il s’amuse à comparer les poteries anciennes à leurs homologues actuels : lampe à huile et lampe de poche, bouteille et cannette. Il est ébahi des proportions des deux fours de la fabrique, dont l’un est aménagé en salle de projection, puis en ressort pour détailler un catalogue de la maison Bompard Frères datant de 1920, témoin de la permanence de l’activité potière à Lezoux, avant de gagner l’étage où ces fours se prolongent en un bel arrondi, avant que leurs cheminées ne traversent le toit du bâtiment.
Toujours spectaculaire et ludique, la visite de ce niveau comprend notamment la découverte d’un four grandeur nature, « éclaté » pour montrer comment les pièces à cuire y sont disposées. De retour à l’accueil, on est tout à fait disposé à repartir avec en main l’une des reproductions de sigillée ou des pièces contemporaines que propose la boutique du musée, prélude, qui sait, à d’autres visites dans les ateliers des potiers qui perpétuent l’activité à Lezoux.

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